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La PPE3 est enfin publiée, les principaux enseignements

Avec plus de deux ans de retard, la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 3 dite « PPE3 » a été publiée le 12 février 2026. L’un des principaux enjeux du document résidait dans les objectifs des principales filières renouvelables dans le mix de production d’électricité. Le verdict est une baisse par rapport aux ambitions précédentes qui s’explique en partie par une électrification des besoins moins rapide que prévue. La trajectoire structurant la PPE anticipe une production de 650 à 693 TWh d’électricité décarbonée en 2035 (contre environ 520 TWh en 2025).

Le solaire : des objectifs en repli

La PPE3 cible entre 55 et 80 GW de photovoltaïque d’ici 2035, soit presque un doublement de la capacité actuelle (30 GW), mais bien en deçà des 75 à 100 GW envisagés lors du projet de PPE3 en novembre 2024. En un an et demi, l’objectif a fondu de 20 GW. Même constat pour 2030 : 48 GW contre 55 à 60 GW initialement. Mais nous sommes loin du moratoire un temps craint par certains et la dynamique devrait rester soutenue. Il faudrait ainsi mettre en service environ 4 GW par an d’ici 2030 pour atteindre l’objectif soit un niveau comparable à celui des cinq dernières années. Toutefois, la PPE3 prévoit des appels d’offres pour au maximum 2,9 GW jusqu’en 2028.

L’éolien terrestre : des objectifs en baisse, mais une dynamique préservée

Les objectifs de l’éolien terrestre reculent eux aussi, l’objectif 2030 de 31 GW est même inférieur à celui fixé par la PPE2 pour 2028 (34 GW). Par rapport au projet initial de PPE3, les objectifs sont aussi en baisse (40 à 45 GW en 2035 pour mémoire). Atteindre les objectifs de 2030 et de 2035 nécessitera de raccorder 1,4 GW par an soit le même rythme que celui observé durant la décennie écoulée. En dépit des tentatives d’accélération, développer un projet éolien terrestre demeure long en raison des procédures administratives et des recours, freinant la dynamique. À noter, le souhait des pouvoirs publics de voir les opérations de repowering (qui consistent à augmenter la puissance de parcs éoliens terrestres existants) se multiplier.

L’éolien offshore : un ajustement cohérent

L’éolien offshore voit également ses objectifs révisés. Il ne s’agit pas d’un renoncement, mais d’un recalibrage face aux réalités de terrain : l’objectif de la PPE2 pour 2028 (près de 6 GW) ne sera pas tenu. Celui de 2035 fixé à 15 GW (18 GW dans la version initiale) demeure ambitieux. La PPE3 prévoit d’attribuer 1,5 GW via le prochain appel d’offres (AO9) puis 8 à 10 GW supplémentaires d’ici fin 2026 dans le cadre de l’AO10.

L’hydroélectricité : un potentiel limité, mais très utile

Sans surprise, les ambitions de la PPE3 en matière d’hydroélectricité sont limitées. Le potentiel de développement de la capacité installée est réduit. Un peu moins de 3 GW supplémentaires sont attendus d’ici 2035. Les pouvoirs publics prévoient en particulier le développement de 1,7 GW de nouvelles stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), très utiles pour accroître les capacités de stockage d’électricité et pour participer aux besoins croissants de flexibilité.

Le nucléaire : aucune augmentation de puissance d’ici 2035 mais des enjeux industriels majeurs

La capacité installée du parc nucléaire (57 réacteurs) n’augmentera pas d’ici 2035, les enjeux sont ailleurs. Pour le parc existant, il s’agira plutôt de prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs et surtout d’augmenter sa disponibilité et donc son productible (avec une production cible comprise entre 380 et 420 TWh/an). C’est aussi relancer un programme nucléaire d’envergure. Trois paires d’EPR2 sont d’ores et déjà prévues avec une première mise en service en 2038 pour la première tranche nucléaire. La PPE3 confirme également l’étude d’un second volet portant sur 8 autres réacteurs totalisant environ 13 GW supplémentaires. La décision devrait intervenir d’ici la fin de l’année. Enfin, le soutien aux petits réacteurs modulaires SMR (Small and Modular Reactor) devrait se maintenir.

Les usages thermiques ne sont pas oubliés

La PPE3 porte des ambitions élevées pour les filières non électriques. La chaleur renouvelable et de récupération voit sa cible de production portée à près de 300 TWh en 2030 et entre 328 et 421 TWh en 2035, soit un quasi doublement de la production (172 TWh en 2023). Les ambitions dans le biométhane sont, elles aussi, élevées avec une cible de 44 TWh en 2030 et de 47-82 TWh en 2035 (contre une production de moins de 14 TWh à l’heure actuelle). Enfin, l’utilisation de biocarburants dans les transports pourrait doubler passant de 38 TWh en 2023 à 55 TWh en 2030 et à 70 à 90 TWh en 2035.

L’estimation du coût pour les pouvoirs publics : un exercice difficile

Les pouvoirs publics ont modélisé les coûts de soutien public à la production d’énergie renouvelable ciblée par la PPE, pour la période 2025-2060. Cela suppose toutefois de prendre des hypothèses de prix de gros à long terme pour l’électricité comme pour le gaz naturel, un exercice difficile. D’où des écarts très prononcés entre les différents scénarios avec un coût de soutien de 80 à 117 milliards d’euros en cas de prix de gros bas… mais un bénéfice (les énergies renouvelables reverseraient de l’argent à l’État) de 27 à 35 milliards pour les pouvoirs publics si les prix de gros sont à l’inverse élevés.

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