Habemus PPE : la France dispose enfin de sa programmation pluriannuelle de l’énergie
Publié le 05.03.2026
Mi-février, le gouvernement a – enfin - publié la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3). Attendu depuis deux ans, ce document touffu de plus de 230 pages fixe la stratégie énergétique de la France pour la décennie à venir (2026-2035). Tour d'horizons des principales dispositions.
La PPE3 doit notamment définir la trajectoire qui permettrait à la France d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 comme elle s'y est engagée. Pour cela, le point central de la PPE consiste à porter la production d'électricité décarbonée dans la fourchette 650-693 TWh en 2035 (contre 520 TWh en 2025). Dans le même temps, la consommation d'énergies fossiles serait réduite à environ 330 TWh (contre 900 TWh en 2023).
Point très attendu, la PPE3 détaille les ambitions en matière de développement des énergies renouvelables. Et celles-ci ont été réduites par rapport aux précédents documents qui avaient été soumis à consultation :
- la capacité solaire installée pourrait doubler en dix ans avec une cible de 48 GW en 2030 et de 55 à 80 GW en 2035, contre 30 GW installés en 2025 ;
- pour l'éolien terrestre, les ambitions sont plus mesurées avec une cible de 31 GW en 2030 et de 35 à 40 GW en 2035 alors qu'environ 24 GW étaient déjà installés à fin 2025. Par ailleurs, notamment pour des questions d'acceptabilité, les pouvoirs publics souhaitent donner la priorité au repowering, c'est-à-dire à l'augmentation de puissance sur des sites existants ;
- l'éolien offshore dispose en revanche de solides perspectives : 3,6 GW en 2030 mais surtout 15 GW en 2035 (contre 2 GW à fin 2025) ;
- enfin la capacité hydroélectrique installée pourrait être augmentée de près de 3 GW pour atteindre 29 GW en 2035.
Pour le nucléaire, la capacité installée demeurera stable au cours de la prochaine décennie. En effet, les futurs six EPR qui devraient être construits dans l'Hexagone ne seront pas mis en service avant 2038, pour le premier d'entre eux.
Enfin la chaleur renouvelable n'est pas oubliée avec une cible de 328 à 421 TWh en 2035 (contre 172 TWh en 2023), tandis que la production de biométhane pourrait exploser passant de 9 TWh à une cible de 47-82 TWh.
Les trajectoires sont ainsi clairement établies du côté de la production d'électricité. En revanche, les choses sont moins nettes du côté de la demande, c'est-à-dire de la consommation d'électricité. Alors même que la PPE3 suppose une électrification très soutenue des usages. Pour cela, les pouvoirs publics travaillent actuellement à ce qui est d'ores et déjà présenté comme un futur plan national d'électrification.