A-t-on le droit à un jour de congé pour son déménagement ?

Comment obtenir un congé pour un déménagement selon votre situation

Déménager demande du temps, de l’organisation… et souvent une journée entière pour gérer cartons, clés et transport. Mais peut-on s’absenter du travail pour autant ? En France, aucun congé légal n’est prévu pour un déménagement, mais certaines conventions collectives ou accords d’entreprise accordent pourtant 1 à 2 jours d’absence rémunérés. Voici comment savoir si vous y avez droit et comment en faire la demande.

En bref : 

Il n’existe pas de congé légal pour déménager en France. Toutefois, votre convention collective ou accord d’entreprise peut vous ouvrir ce droit, souvent 1 à 2 jours rémunérés.

Congé pour un déménagement : ce que dit la loi

Le Code du travail ne prévoit aucun congé spécifique pour le déménagement d’un salarié. Contrairement à d’autres événements familiaux (mariage, naissance, décès d’un proche) le déménagement ne figure tout simplement pas dans la liste des absences autorisées de droit. En théorie, vous devriez donc emballer vos cartons et organiser votre transport le week-end ou sur vos congés payés.

Pourquoi on en parle malgré tout

Si le sujet revient régulièrement, c’est parce que le droit du travail ne se limite pas au Code du travail. Une grande partie des règles applicables aux salariés découle de sources dites “conventionnelles” : conventions collectives, accords d’entreprise ou usages internes. C’est précisément dans ce cadre négocié que peut exister un congé déménagement.

Dans quels cas un congé déménagement peut exister

Trois sources peuvent ouvrir un droit à un ou plusieurs jours d’absence pour déménager. Si l’une d’elles le prévoit, l’employeur a l’obligation de l’appliquer : il ne peut ni l’écarter ni y déroger.

Convention collective : la règle la plus fréquente

La convention collective est un accord négocié entre les organisations patronales et syndicales d’une branche professionnelle. Elle s’applique à toutes les entreprises de cette branche, quelle que soit leur taille. C’est elle qui fixe, dans de nombreux secteurs, les conditions d’un éventuel congé déménagement : durée, conditions d’ancienneté, justificatifs à fournir, fréquence possible.

Si votre convention collective prévoit ce congé, votre employeur doit vous l’accorder. Il ne s’agit pas d’une faveur, mais d’une obligation.

Accord d’entreprise : des droits “maison”

Une entreprise peut, indépendamment de sa branche, conclure avec les représentants des salariés (syndicats ou, dans certains cas, membres du CSE) un accord d’entreprise, parfois qualifié de droit “maison”. Ce type d’accord permet d’adapter les règles du droit du travail aux spécificités de la société, qu’il s’agisse des conditions de travail, de la rémunération ou de l’organisation du temps de travail. Dans ce cadre, l’accord peut instaurer un congé déménagement : par exemple un ou deux jours d’absence, soumis à la remise d’un justificatif dans un délai défini et utilisables une fois par an.

Usage : comment le reconnaître

L’usage est une pratique de l’employeur qui, à force de répétition, devient une règle à part entière. Pour être reconnu comme tel, il doit être constant (toujours appliqué dans les mêmes conditions), général (concerner tous les salariés dans la même situation) et fixe (les modalités sont stables dans le temps).

Si votre entreprise a toujours accordé un jour de congé pour déménagement sans que cela soit écrit nulle part, cet usage peut s’imposer à l’employeur autant qu’un texte officiel.

Comment vérifier si vous y avez droit (méthode simple)

Avant de formuler votre demande, il faut d’abord savoir sur quel texte vous pouvez vous appuyer. Voici comment procéder, étape par étape :

  1. Consultez votre contrat de travail : certaines clauses spécifiques peuvent y figurer.
  2. Regardez votre bulletin de paie : la convention collective applicable à votre entreprise y est mentionnée (numéro IDCC ou nom complet).
  3. Consultez l’intranet ou les affichages RH : les accords d’entreprise y sont souvent publiés.
  4. Posez directement la question aux RH : c’est le moyen le plus direct, et ça permet aussi de lancer la conversation sur votre demande.

Où trouver votre convention collective

Le site service-public.fr propose un simulateur permettant de retrouver sa convention collective à partir du nom de l’entreprise ou de son numéro SIRET. Le texte complet de la grande majorité des conventions est consultable gratuitement sur Legifrance. Si votre employeur vous communique le numéro IDCC (Identifiant de Convention Collective), c’est encore plus simple.

Combien de jours et est-ce payé ?

Là encore, tout dépend du texte qui s’applique à votre situation. Il n’existe pas de durée standard : la convention ou l’accord fixe librement le nombre de jours accordés.

Dans la pratique, on observe le plus souvent 1 à 2 jours, parfois davantage. Et bonne nouvelle : lorsqu’il est instauré par un accord collectif, ce congé est rémunéré comme une journée de travail normale.

Exemples de durées selon certaines branches

  • Banque : 2 jours dans de nombreuses conventions de la branche
  • Industrie pharmaceutique : 1 jour généralement prévu
  • Cabinets vétérinaires : 1 jour
  • Casinos : 1 jour
  • Syntec (bureaux d’études, cabinets d’ingénieurs) : aucun jour spécifique prévu dans la convention nationale
  • BTP / Bâtiment : pas de disposition nationale dans la convention de branche
  • Métallurgie : idem, pas de jour dédié
  • Pôle emploi : jusqu’à 3 jours

Attention, ces informations sont données à titre d’exemple. Vérifiez toujours le texte de votre propre convention et ses éventuels avenants, car les règles évoluent régulièrement.

Comment demander un congé pour un déménagement

Une fois que vous avez vérifié que votre convention ou accord d’entreprise vous ouvre bien ce droit, la démarche est proche d’une demande de congé classique, avec toutefois quelques spécificités à noter.

  • À qui s’adresser ? À votre manager direct en premier lieu, puis aux ressources humaines pour validation formelle. Dans certaines structures, c’est directement les RH qui gèrent ce type d’absence.
  • Par quel canal ? L’e-mail reste le plus sûr car il laisse une trace écrite. Si votre entreprise dispose d’un logiciel de gestion des absences, utilisez-le en parallèle.
  • Quand faire la demande ? Le plus tôt possible. Certaines conventions imposent un délai de prévenance d’un mois, voire deux. Même si rien n’est formellement exigé, anticiper renforce la crédibilité de votre demande et facilite l’organisation côté employeur.

Les points à inclure dans votre demande de congé déménagement 

Votre demande n’a pas besoin d’être rédigée de façon formelle et complexe. Elle doit cependant contenir :

  • La date (ou les dates) souhaitées pour l’absence
  • Le motif explicite : déménagement de votre résidence principale
  • La référence au texte applicable (nom de la convention, numéro d’article si vous l’avez trouvé)
  • La mention des justificatifs que vous êtes en mesure de fournir
  • Si possible, une alternative de date au cas où la vôtre poserait problème

Quels justificatifs l’employeur peut demander

L’employeur est en droit de vous demander des pièces qui attestent la réalité de votre déménagement. Cette demande est légitime et courante, y compris quand le congé est prévu par un texte.

Le délai pour remettre ces justificatifs est parfois fixé par la convention collective. À défaut, c’est au service RH de vous préciser les modalités.

Liste de justificatifs couramment acceptés

Avant le déménagement :

  • Nouveau contrat de bail signé
  • Acte de vente ou titre de propriété
  • Devis ou confirmation de réservation d’une société de déménagement
  • Contrat de location d’un véhicule utilitaire

Après le déménagement :

  • Facture de déménageur professionnel
  • Facture d’électricité ou d’eau mentionnant la nouvelle adresse
  • Facture de location de véhicule
  • Quittance de loyer pour la nouvelle adresse

Il est conseillé de conserver tous ces documents, même ceux que votre employeur ne vous réclame pas. En cas de contestation, ils constituent des preuves solides.

L’employeur peut-il refuser ? Que faire en cas de refus

Ici, il faut distinguer deux situations radicalement différentes.

Si aucun texte ne prévoit le congé

Si votre convention collective, votre accord d’entreprise et les usages de votre entreprise ne mentionnent aucun jour pour déménagement, votre employeur est en droit de refuser. Il ne vous doit rien sur ce point.

Dans ce cas, plusieurs alternatives s’offrent à vous :

  • Poser des congés payés classiques sur la période concernée
  • Utiliser des jours de RTT si vous en disposez
  • Demander un aménagement d’horaires pour libérer une journée
  • Négocier une journée de télétravail le jour précédant ou suivant le déménagement, pour gérer les formalités
  • Récupérer des heures supplémentaires si cela est possible dans votre organisation

Si votre convention ou accord le prévoit

Si un texte applicable vous ouvre ce droit et que votre employeur refuse malgré tout, vous n’êtes pas sans recours.

Commencez par citer précisément l’article ou la disposition en question dans votre demande écrite. Joignez le justificatif demandé. Si le refus persiste, faites remonter la situation au service RH, et conservez toutes les traces écrites de vos échanges. En dernier recours, le Conseil des prud’hommes peut être saisi pour faire respecter un droit prévu par un texte collectif que l’employeur ignore.

Cas particuliers : fonction publique et situations spécifiques

Les agents de la fonction publique (d’État, territoriale ou hospitalière) se trouvent dans une situation différente des salariés du privé. Il n’existe pas de règle nationale unique qui s’appliquerait à l’ensemble des fonctionnaires.

Agent public : vérifier les règles internes

Chaque administration fixe ses propres modalités. Certains établissements ou ministères ont mis en place des autorisations d’absence spéciales pour déménagement, d’autres non. Pour le savoir, il faut se rapprocher directement du service RH ou de la hiérarchie, et consulter le règlement intérieur ou les notes de service applicables.

La démarche est similaire à celle du secteur privé : renseignez-vous avant de faire votre demande, et formulez-la par écrit avec les justificatifs correspondants.

Déménagements fréquents : limites souvent prévues

Que vous travailliez dans le public ou le privé, lorsqu’un congé déménagement existe, il est généralement encadré : il est le plus souvent limité à une utilisation par an, parfois à une fois par période de référence. Si vous déménagez plusieurs fois dans un même exercice, vérifiez si le texte applicable prévoit cette limitation.

FAQ

1/ Existe-t-il un congé pour un déménagement dans le Code du travail ?

Non. Le Code du travail ne prévoit aucun congé légal pour déménagement. Ce droit n’existe que s’il est stipulé dans une convention collective, un accord d’entreprise ou s’il résulte d’un usage établi au sein de l’entreprise. En l’absence de l’un de ces textes, l’employeur peut légalement refuser la demande.

2/ Comment savoir rapidement si ma convention collective prévoit un congé déménagement ?

Repérez le nom ou le numéro IDCC de votre convention sur votre bulletin de paie, puis recherchez le texte complet sur Légifrance ou via le simulateur disponible sur service-public.fr. Vous pouvez aussi demander directement à votre service RH si un accord d’entreprise ou un usage interne existe sur ce point.

3/ Quels justificatifs peut-on fournir pour obtenir un congé déménagement ?

Les documents les plus couramment acceptés sont : un nouveau contrat de bail ou acte de vente, une facture de société de déménagement, un contrat de location de véhicule utilitaire, ou une facture d’énergie (eau, électricité) mentionnant la nouvelle adresse. La convention peut préciser la nature et le délai de remise des justificatifs.

4/ Mon employeur refuse : quels sont mes recours si un texte prévoit ce congé ?

Si votre convention collective ou accord d’entreprise prévoit ce congé et que votre employeur s’y refuse, commencez par lui adresser une demande écrite en citant précisément le texte applicable. Si le refus persiste, faites remonter le dossier en interne (RH, direction). En dernier recours, vous pouvez saisir le Conseil des prud’hommes pour faire valoir ce droit. Conservez toutes les traces écrites de vos échanges.​​​​​​​​​​​​​​​​

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