Que faut-il retenir du plan d’électrification des usages présenté par les pouvoirs publics ?

Que faut-il retenir du plan d’électrification des usages présenté par les pouvoirs publics ?

Après quelques premières annonces distillées au compte-goutte, le gouvernement a présenté le 23 avril son plan d’électrification des usages.

L’objectif de ce plan est clair : électrifier pour réduire la dépendance de la France aux importations de combustibles fossiles. Pour mémoire, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à ramener la part des énergies fossiles dans la consommation finale d’énergie à 40% d’ici 2030 contre 58% en 2023. Dans le même temps, la part de l’électricité passerait de 27% à 34%.

Parallèlement, le développement des usages électriques offrira un débouché à une production française d’électricité très majoritairement bas-carbone (95% en 2025) et largement excédentaire : la France a battu en 2025 son record absolu d’exportations nettes à 92 TWh, l’équivalent de 20% de la consommation nationale.

Ce plan fait donc la part belle à l’électricité au détriment de son principal concurrent énergétique, le gaz. Outre l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles (déjà prévue par la loi Climat et Résilience adoptée en 2021), c’en est par exemple fini du gaz dans les bâtiments neufs à partir de 2030. Le gouvernement prévoit même une sortie complète du gaz dans 100 territoires d’électrification qui seront sélectionnés d’ici l’été 2026, avec un accompagnement de l’Etat. Plus généralement, les mécanismes de soutien public seront réorientés vers l’électricité : soutien aux pompes à chaleur (avec un objectif d’un million de PAC installées en 2030), à la rénovation énergétique via « MaPrimeRénov’ », à la mobilité électrique avec le leasing social, etc.

Dans le détail, plusieurs mesures concrètes sont directement destinées aux acteurs économiques :

  • le lancement de l’appel à projets « decarb flash » pour financer des projets d’électrification des entreprises artisanales, doté de 16 millions d’euros ;
  • un prêt « action élec ta boite » de Bpifrance pour financer l’achat d’équipements électriques. Ce prêt sera remboursable sur une durée de 3 à 7 ans (avec jusqu’à deux ans de différé possible) ;
  • la relance de deux dispositifs lancés en 2025 : l’appel d’offres décarbonation pour les sites industriels les plus carbonés et le dispositif « decarb-ind » pour les sites industriels intermédiaires ;
  • une révision des aides financières pour le soutien aux pompes à chaleur industrielles (prévue en mai 2026), aux chaudières électriques (en juillet 2026) et aux compresseurs mécaniques vapeurs (en octobre 2026) ;
  • l’aide à l’achat d’un véhicule utilitaire léger (VUL) électrique à compter du 1er juin 2026 (jusqu’à 9 500 euros pour les très grands VUL électriques par exemple) ;
  • le soutien financier à l’acquisition de poids lourds électriques porté jusqu’à 100 000 euros (contre 60 000 euros jusqu’à présent).

In fine, le soutien public à l’électrification passera de 5,5 milliards d’euros par an actuellement à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Enfin, les pouvoirs publics souhaitent réduire les délais de raccordement au réseau (passage du « premier arrivé, premier servi » au « premier prêt, premier servi », raccordement temporaire en haute tension, etc.) identifiés comme un frein à l’électrification des usages.

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